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« Chronique d’une mort annoncée pour les Assistantes Maternelles »
par Liliane Delton*

    «  Cette année 2009 aura été marquée par la préparation de mesures nationales visant à redistribuer les cartes dans le secteur de la petite-enfance. C’est ainsi qu’on nous oriente vers  un « séquençage » de l’accueil de l’enfant, consistant à la fois en l’instauration d’un congé parental mieux rémunéré - 70 % du salaire jusqu’à hauteur de 1800 €  pendant la première année - et la mise en place des jardins d’éveil à partir des deux ans de l’enfant.  Que restera t-il donc aux assistantes maternelles ? Une toute petite année d’accueil entre les douze et vingt quatre mois de l’enfant… Or nous savons bien, nous professionnelles, que l’adaptation est plus difficile à cet âge. Une fois l’apprentissage de la marche, de la propreté et les premières approches d’activités manuelles acquises, les jardins d’éveil seront fin prêts a accueillir des bambins bien élevés… par nous ! Et on nous annoncera fièrement, par-dessus le marché, que le jardin d’éveil aura sociabilisé l’enfant !

Et nous donc, à quoi aurons-nous servi ?

L’enfant n’a-t-il pas besoin de sécurité affective  alors qu’il est tout juste sorti du ventre de sa mère ?   Est-il vraiment souhaitable de le changer de mode d’accueil tous les ans ?

Au surplus, la réglementation concernant les jardins d’éveil autorise un adulte pour douze enfants à certains moments de la journée. Dans les regroupements d’assistantes maternelles ou  MAM, il pourra y avoir seize enfants et même plus, si dérogation, dans un local pas plus vaste que nos logements actuels.

Est-ce l’intérêt de l’enfant qui est le fil conducteur de ces réformes ou bien leur moindre coût pour les finances publiques ?

A l’évidence, et contrairement  à ce que les média annoncent, les besoins en  nombre d’assistantes maternelles vont diminuer en raison de ces orientations nationales néfastes et beaucoup d’entre nous vont se retrouver sans travail… C’est déjà le cas en province, dans les zones rurales, et même en région parisienne depuis la mise en place de la PSU, en dépit de tout ce qu’on nous sert au sujet de la « pénurie » des modes de garde. Nombreuses sont celles qui, parmi nous, quittent le métier et celles qui ne l’ont pas encore fait encore se posent la question sérieusement.

Reste que le pire est peut-être à venir : nous redoutons qu’un coup fatal ne nous soit porté au titre de la directive européenne sur les services applicable au 1er janvier prochain ; rien ne semble encore vraiment décidé et nous attendons toujours une réponse claire et précise des instances nationales à ce sujet  :   des sociétés mandataires auront-elles ou non  la faculté de placer d’autres nourrices européennes dans les familles en garde partagée ou non, tout  en bénéficiant de facilités ? Voilà une main d’œuvre bon marché, malléable et corvéable à merci ! Les parents ne seront-ils pas tentés d’embaucher une jeune femme chez eux à moindre coût, avec de moindres contraintes salariales pour « garder » leurs jeunes enfants, ménage et cuisine en prime !

Cette échéance très proche pourrait être catastrophique pour les assistantes maternelles, surtout celles qui résident dans les grandes villes.

      A quelle sauce allons-nous être mangées ? Notre indépendance, c'est-à-dire notre faculté de choisir les parents avec qui nous allons travailler et de négocier nos contrats de travail, ne pourrait bientôt plus être qu’un lointain souvenir ! Cette même directive oblige la France à réduire tous ses échelons administratifs : c’est ainsi que l’ANPE et les ASSEDICS sont devenus « Pôle Emploi ». Pour le secteur Petite Enfance, il faudra de même un référent unique. Est-ce le relais assistantes maternelles qui tiendra ce rôle ? En tout cas, c’est bien se qui semble se profiler déjà aujourd’hui. A l’évidence, les parents s’adresseront uniquement à l’organisme désigné qui répartira l’accueil des enfants en priorité vers les structures financées par de l’argent public : crèches, multi accueil, jardins d’éveil, MAM, avant, peut-être, de penser aux assistantes maternelles en dernier ressort. Il est probable aussi que le clientélisme joue ! Pour avoir du travail, les assistantes maternelles devront-elles passer sous les fourches caudines des exigences du responsable de ce service ? Nombreuses sont celles  qui vont quitter  le métier de leur propre initiative,  le processus étant déjà bien amorcé.

OUI AU PROFESSIONALISME,  NON A LA PRECARISATION, NON A LA SOUMISSION, NON A LA REGRESSION, NON A LA MORT PROGRAMMEE DE NOTRE METIER.

Une assistante maternelle a besoin, comme tout salarié, d’être reconnue comme une professionnelle de la petite enfance, respectée dans ses droits, écoutée par les pouvoirs publics pour être épanouie dans son métier. Et une assistante maternelle heureuse d’exercer est le meilleur gage de l’épanouissement de l’enfant. Et ce dernier sera certainement plus heureux chez une assistante maternelle formée, épaulée par une équipe - et non fliquée - qu’agglutiné dans un local avec une ribambelle de congénères ou confié à une jeune domestique n’ayant pas  ou très peu de notions sur l’éveil des petits !

Parents, pour le bien être de vos enfants, réagissez avec nous ! Exigez des conditions d’accueil optimales  pour vos bambins. Ils le méritent et vous le méritez ! Ne bradons pas nos enfants.

Au lieu de plaquer sans cesse des recettes toutes faites sur le terrain, les instances nationales doivent recevoir les syndicats professionnels d’assistantes maternelles - les seuls à connaitre le métier « de l’intérieur » -  et écouter vraiment ce qu’ils ont à dire.

L’affaire est grave : c’est urgent. Avec mes collègues de l’Unspafam, nous restons prêts à aller défendre les intérêts bafoués de la profession. »

*Liliane Delton est Secrétaire générale adjointe de l ' Union nationale  des syndicats professionnels des assistants familiaux et des assistants maternels ( Unspafam ),  affiliée à l'UNSA.

                                                         Texte recueilli par   Jean-Pierre Gayerie
(journaliste de la petite enfance)

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L'automne raconte à la terre les feuilles qu'elle a prêtées à l'été.
     [Georg Christoph Lichtenberg]






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«  assistante maternelle » c'est l'histoire d'une partie de ma vie puisque depuis 25 ans j'ouvre la porte de mon intimité familiale pour accueillir des enfants .


Lorsqu'on me demande de raconter une journée d'accueil, je suis très souvent embarrassée ! Il y a tellement de temps forts auprès des enfants , alors que dire sur mon quotidien qui les aide à grandir , à s'épanouir et où chaque enfant trouve sa part affective sans vraiment le savoir ……


Sortant d'une école des Arts-Graphiques chez moi tout est prétexte à dessiner ou peindre ….car si le jeu est indispensable à l'enfant pour grandir , je pense que l'expression graphique l'est autant ….


L'essentiel est de laisser l'enfant manipuler cette activité en l'observant , mais sans trop intervenir ou conseiller sans arrêt .


L'observation est l'essentiel de notre travail, et le plus beau cadeau que peuvent m'apporter les enfants, c'est lorsque je cueille leurs sourires à mon intention.


…oui c'est vrai que notre métier est l'un des plus beaux …il nous reste, donc à faire de sorte qu'il soit reconnu en tant que tel , par tous ….et en tant qu'assistante maternelle , nous sommes toutes responsables de cette reconnaissance ….et n'oublions pas que nous sommes sur le même bateau !